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« Un métier-passion difficile à quitter »
« Les tout-petits sont toujours curieux de tout, contents de tout. On a l’impression de leur apporter des choses merveilleuses. » C’est le souvenir que gardera Annie Belloni de sa carrière dans l’enseignement et de ses treize belles années à l’école maternelle Anatole-France en tant que directrice. « Je ne réalise pas encore que je vais partir. J’ai plein de projets pour l’avenir, mais c’est un métier-passion difficile à quitter. »
Ses projets pour la retraite ? « Voyager en camping-car, voir des amis, mais je reste à Saint-Ouen. Ma famille et moi sommes très attachés à cette ville. » Son beau-père Lucien Belloni, ancien résistant et adjoint au maire de 1953 à 1983, a en effet donné son nom à la grande nef de l’Ile-des-Vannes, projet dont il a été l’un des principaux instigateurs. « Mon mari a aussi été adjoint au sport, ma fille travaille au centre municipal de santé (CMS) Barbusse… Nous sommes très audoniens ! Et il se passe beaucoup de choses autour de la petite enfance à Saint-Ouen. »
Que ce soit comme monitrice au patronage de Saint-Ouen, animatrice dans les colonies audoniennes, « jardinière des neiges » (pour garder les enfants à Montgenèvre pendant que les parents skient), institutrice ou directrice, Annie Belloni a toujours travaillé auprès des tout-petits. « Ils progressent rapidement, ne se lassent jamais… Et peuvent nous dire " t’es belle maîtresse " le matin, même si on a mauvaise mine ! Ce sont des choses simples et magiques à la fois. » A quelques jours de son départ à la retraite, Annie reste plongée dans les préparatifs de la fête de l’école Anatole-France. Nul doute que sa passion va continuer à l’accompagner, sous d’autres formes.
Rentrée scolaire
Parents et profs déjà mobilisés
Voilà plusieurs années maintenant qu’une poignée de parents d’élèves et de professeurs bataillent pour préserver ici un poste de Rased*, là pour obtenir le remplacement d’un enseignant ou la présence d’un médecin scolaire. Vendredi 8 juin, une cinquantaine d’entre eux – venus de divers établissements scolaires, de la maternelle au lycée – se sont réunis sous le préau de l’école élémentaire Langevin pour anticiper la prochaine rentrée. « Cette année, plusieurs batailles ont été gagnées, analyse Loïc Canitrot, membre actif du réseau de parents Ecole en danger. « Plus on se bouge, plus on se fait entendre, plus on obtient de résultats », renchérit une maman dont la fille, scolarisée à Langevin, n’a pas eu à souffrir du non remplacement de son enseignant.
Toutes les écoles n’ont pas eu cette « chance ». Alors, parents et enseignants anticipent et posent la question : « Quels sont les besoins de nos écoles pour la rentrée ? » Outre la perte de Rased et le problème de remplacement des professeurs, les établissements manquent de personnels non enseignants - notamment des assistants d’éducation et administratifs - et d’intervenants pour la santé. « De nombreux élèves n’ont jamais fait la visite médicale. Il faudrait encore que le médecin ait le temps », alerte un parent. Selon la fédération de parents d’élèves FCPE du 93, seuls 29 postes de médecin scolaire seraient pourvus en Seine-Saint-Denis sur les 49 prévus – soit un médecin pour 10 000 élèves environ.
Les revendications des parents et des enseignants seront consignées dans un cahier de doléances qui sera remis , entre autres, à l’Inspection académique. Début juillet, une délégation se rendra au ministère de l’Education. Un prochain rendez-vous – ouvert à tous les parents et enseignants de la circonscription Saint-Ouen/Ile-Saint-Denis – est d’ores et déjà programmé mardi 3 juillet à 18 heures, toujours à Langevin, pour poursuivre l’échange.
*Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté.
Inquiets de la pénurie de postes dont souffrent les établissements scolaires de la ville, parents d’élèves et enseignants multiplient les manifestations tout au long de l’année.














