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L’école de la liberté
« Tout individu a droit à la vie et à la liberté. » Cette phrase, les élèves de cm2 l’ont chantée sur tous les tons samedi 12 mai à l’école élémentaire Paul-Langevin. Ils ont travaillé sur les chants d’esclaves et ils ont imaginé le déroulement de leur spectacle. Les clés, ils les ont trouvées avec Isabelle Morin, intervenante au conservatoire municipal : percussions, chaînes, voix. C’est le prolongement du travail effectué en classe sur la traite des Noirs et le commerce triangulaire avec leur enseignante Anne Delafosse.
Toute l’école a vibré cette année au rythme de l’abolition de l’esclavage. Carine Daussou, enseignante en CE2, a ouvert le bal : « Je voulais travailler la question du respect et de la tolérance avec mes élèves. » Elle a balayé tous les possibles : les arts plastiques, le cinéma avec la projection de Racines et même une initiation à la capoeira. Prochaine étape : Nantes, le port marchand d’où sont partis à fond de cale des milliers d’êtres humains sans espoir de retour. Un voyage pédagogique que la municipalité a soutenu avec une subvention de 2 000 euros pour deux classes (CE2 et CM1). Jacqueline Rouillon, ses adjointes Nicole Amédro (enseignement) et Hayat Dalfa (culture) ainsi que le conseiller municipal Gilbert Haustant sont d’ailleurs venus leur offrir deux bandes dessinées sur l’esclavage, ce 12 mai.
« Il s’agissait au départ d’un projet de classe ; peu à peu, l’affaire a mobilisé toute l’école, y compris les parents d’élèves », souligne le directeur, Christophe Pécoul. C’est là que l’histoire devient singulière. Une maman lui présente l’harmoniciste Claude Thomann, ancien élu municipal. Ce musicien autodidacte, qui a reçu son premier instrument des mains d’un ouvrier espagnol, propose un atelier pour les élèves de CE2 et CM1. Quatre classes, une centaine d’enfants au total, ont eu entre les mains un harmonica. « Ils ont du rythme, une horloge dans la peau ! » s’exclame Claude Thomann. Ils en ont donné la preuve le 12 mai, avec la complicité d’un véritable orchestre, sous la forme de quatre mini-concerts.
Tous savent aujourd’hui imiter le train et tous peuvent entonner « Le lion est mort ce soir ». Une mélodie pas si facile que ça. Mais quand on est motivé, on déplace des montagnes. L’ancien adjoint aux sports se souvient fort ému de ce « petit garçon dyslexique qui est allé tout seul sur un site internet chercher un air qu’il aimait ». Quand il est revenu le lundi à l’école, il a dit à la maîtresse : « Ca, je sais le faire. » Elle l’a pris au mot et lui a tendu un harmonica. « Il a joué devant toute la classe qui l’a applaudi. » En huit séances, les écoliers ont fait des progrès fantastiques et Claude Thomann a lu de « la reconnaissance dans leurs yeux ».














