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Quand les budgets fondent, les associations résistent
Sont-elles 300, 400 ou 500 ? Difficile de connaître le nombre précis d’associations audoniennes. Les publications du Journal officiel affichent 1 088 structures recensées depuis 1996. Un chiffre qui ne dit pas combien se sont dissoutes ni combien restent « vivantes » mais sans réelles activités. « Nous sommes en relation avec plus de 200 associations, estime-t-on du côté du service de la vie associative. Mais nos fichiers en répertorient 500. »
Les structures associatives dédiées au sport et à la culture sont les plus nombreuses. Une réalité conforme aux statistiques nationales, où elles représenteraient 60 % des associations. Comment vivent-elles ? Parfois de fonds privés. A Saint-Ouen, cela se concrétise notamment avec la charte « entreprise citoyenne ». Par ce biais, certaines sociétés choisissent de soutenir le monde associatif. « Une dizaine d’associations en bénéficient », précise Mustapha Krimat, conseiller municipal délégué à la vie associative. Mais la plupart du temps, ce sont les financements publics – collectivités, Etat ou Europe – qui leur permettent de fonctionner. Parfois, elles bénéficient également de mécénat.
Cette année, la Ville consacre 887 491 euros aux subventions de fonctionnement des associations – environ 2 % de plus que l’an passé. Ainsi, 113 des 136 associations qui ont fait une demande ont reçu une subvention de fonctionnement (entre 200 et 200 000 euros). Parmi les bénéficiaires, on compte 5 nouvelles associations, notamment dans l’environnement, la culture ou les relations internationales.
Eros N’Simba, président de l’AASCO
« Mutualiser les compétences »
« Avec les différentes politiques de restrictions budgétaires, les petites structures associatives et citoyennes – qui ont un rôle réel dans la cohésion sociale – sont en danger », alerte Eros N’Simba, le président de l’Association audonienne pour la solidarité et la citoyenneté (AASCO). Créée en 1995, la structure qui œuvre pour l’intégration par la réussite scolaire et l’accès à la culture et à la citoyenneté a vu son principal financeur, l’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé), peu à peu « se désengager de sa mission de soutien aux associations de terrain. Le budget de l’AASCO a été diminué de manière drastique », souligne Eros N’Simba. Conséquence : une limitation des activités pour l’association qui intervient auprès d’une centaine d’enfants. Jusqu’à septembre 2010, elle comptait un salarié, « un emploi aidé » subventionné par l’Etat. « Il n’a pu être reconduit faute de candidats crédibles et de temps. Nous n’avions que trois mois pour le trouver. C’est une charge énorme, surtout pour une structure composée essentiellement de jeunes travailleurs. » L’impact sur l’activité de l’association a été considérable. « Le salarié avait un rôle de coordinateur auprès des écoles et des familles. Nous avons dû limiter l’adhésion des familles et le nombre de projets qui demandent du temps, que ce soit pour la recherche de subventions ou le travail avec les jeunes. » Aujourd’hui, l’association, membre du réseau « intégration et égalité des chances » piloté par l’Office franco-allemand pour la jeunesse, s’appuie sur 15 bénévoles et compte divers partenaires dont la Caf, la Direction départementale de la cohésion sociale ou la Ville. « Les associations qui ont des objectifs communs ont tout intérêt à mutualiser leurs compétences pour agir efficacement », estime Eros N’Simba.
Joséphine Déchenaud, du théâtre du Picolo
« Maintenir le cap »
« Entre le volet administratif, financier, et les restrictions budgétaires des partenaires financiers, il est de plus en plus difficile de gérer une association », annonce Joséphine Déchenaud. Créée en 1993, l’association a toujours « maintenu le cap » grâce aux aides de la Ville et du Conseil général. Cette année, la donne a changé. « Le Conseil général a décidé de ne pas nous octroyer de subventions, comme à beaucoup de compagnies du 93. » Un manque à gagner de 7 500 euros qui se traduit par la suppression d’événements et la création d’un seul spectacle au lieu de deux. « Les raisons invoquées par le Département – notamment le manque de visibilité – ne me semblent pas recevables. Pour être visible, il faut recruter attaché de presse et chargé de diffusion. Tout cela a un coût. Et il ne se passe pas quinze jours sans que nous organisions un événement ! » Joséphine a décidé de faire circuler une pétition qu’elle remettra au Conseil général en attendant un rendez-vous avec son président. « J’ai conscience qu’il faut faire des économies. Mais la Seine-Saint-Denis a une action culturelle intense. Ce serait dommage de la freiner. »
en bref
113 associations vont bénéficier cette année d’une subvention municipale pour un montant total de 887 491 euros – soit presque 2 % de plus qu’en 2011.














