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Du projet éducatif aux comptes de la Ville
CRC
Riches débats sur les comptes
Au-delà des observations émises par la Chambre régionale des comptes (CRC) sur la période 2004-2011, les élus ont débattu sur l’orientation idéologique du travail de l’instance. Ce rapport de 37 pages alerte notamment sur l’endettement de la Ville pour préconiser une réduction des charges de personnel et un rehaussement de l’impôt des ménages.
Monique Tesseyre, du groupe citoyen, communiste, républicain (CCR), a qualifié les recommandations de la CRC d’« unilatérales » et fustigé des directives « inscrites dans un système libéral bien établi ». Et l’élue d’expliquer que « la CRC, qui ne pose les problèmes qu’en termes de rentabilité, demande à la Ville de s’aligner sur la politique gouvernementale. Or, nous restons sur le principe que si l’on veut un service public municipal de qualité, nous devons y mettre les moyens ».
Pour Wahiba Zedouti, du groupe Saint-Ouen en toute liberté, les conclusions de la CRC sont « accablantes » et la situation communale « préoccupante ». L’élue a repris dans le menu détail les arguments de la CRC pour contester la gestion de la municipalité et notamment le recours à l’emprunt, « qui a tendance à augmenter ».
Décortiquant le volet « politique de la ville » du rapport, Mustapha Krimat, du groupe socialiste et citoyen (SC), dénonce l’« expression d’une méconnaissance totale du dispositif de soutien social municipal ». Appuyant sa démonstration notamment sur le centre municipal de santé (non éligible aux subventions de l’Etat car non situé dans un quartier défavorisé), l’élu a rappelé que le dispositif de l’Etat, avec ses 47 000 euros de subvention, ne peut refléter l’engagement global de la municipalité, que l’on retrouve dans les actions en faveur des associations, de la jeunesse et de l’action sociale urbaine.
Henri Lelorrain, président du groupe SC, a insisté sur « des observations politiques étonnantes », expliquant : « Pour nous, le personnel n’est pas une charge, c’est une chance. » Et de conclure que « l’entrée en agglomération devrait nous permettre de désendetter la Ville ».
Albert Kalaydjian, président du groupe Union centriste-UDF-Modem, a contesté « la logique libérale de la CRC » et indiqué qu’il ne partageait pas l’analyse de Wahiba Zedouti. L’élu d’opposition a rappelé que « nous ne sommes pas des comptables, mais des politiques. Les observations de la CRC sur le fonctionnement et les fonctionnaires sont infondées. En revanche, concernant la commande publique, il y a du mieux à opérer ».
Nicole Amédro (CCR) a déploré que les réponses officielles de la Ville présentes dans le rapport ne soient pas débattues. Elle alerte sur le fait que « l’autonomie communale y est remise en cause » et précise qu’aucun acte pris en conseil municipal « n’avait été retoqué par le contrôle de légalité » qui est permanent. L’adjointe a conclu en disant que « oui, nous créons des emplois, mais c’est aussi parce que l’Etat se désengage ».
Paul Planque, premier adjoint en charge des finances (CCR), a contesté l’approche de la CRC et précisé : « Si nous augmentons notre recours à l’emprunt, c’est d’abord parce que nous avons une assise financière qui le permet, bien supérieure à celle des villes de même taille. Et les opérations d’aménagement permettent de développer les services sans en faire supporter le coût aux Audoniens. »
Retrouvez le rapport de la CRC, les réponses de la Ville ainsi que l’intégralité du débat sur www.ville-saintouen.fr
Parentalité
Un soutien personnalisé aux enfants fragilisés
Un an après la création de la mission parentalité, la municipalité souhaite intégrer le « programme de réussite éducative » (PRE). Ce dispositif d’Etat, qui ouvre à des financements et réunit différents partenaires (Ville, Caisse d’allocations familiales, Education nationale, etc.), s’adresse aux enfants en situation de fragilité et à leur famille. Il propose un accompagnement individualisé et définit un parcours éducatif co-élaboré avec les parents et les équipes éducatives. Cette labellisation permettra à la Ville de financer l’équipe permanente et une partie des actions proposées.
Cette demande marque une nouvelle étape dans le projet éducatif et social que la Ville travaille depuis dix ans. En juin 2010, l’observatoire de la réussite scolaire a été créé en collaboration avec l’Education nationale ; il vise à s’attaquer en profondeur aux causes de l’échec scolaire. Les événements dramatiques liés au trafic de drogue ont amené les élus à s’interroger aussi sur la pertinence du maillage des services municipaux proposés aux jeunes. C’est ainsi qu’en avril 2011, une mission consacrée à la parentalité a été ouverte : elle a pour but d’intervenir sur des situations familiales préoccupantes afin de prévenir les conduites à risque chez les enfants et les adolescents.
Les élus ont approuvé cette demande ainsi que le choix du CCAS comme structure juridique porteuse, par 34 voix pour (0 abstentions, 0 contre), 3 élus n’ayant pas pris part au vote.
Plaine Commune favorable à l’entrée de Saint-Ouen
Mardi 10 avril, le conseil communautaire de Plaine Commune a adopté le principe d’entrée de Saint-Ouen dans la communauté d’agglomération. Reste maintenant le vote du conseil municipal de chaque ville (Aubervilliers, Epinay-sur-Seine, L’Ile-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Stains et Villetaneuse) pour entériner définitivement la décision. Objectif : intégration au 1er janvier 2013.














